Société d’ Histoire de Revel Saint-Ferréol                                        LES CAHIERS DE L’ HISTOIRE

 

 LES FOUILLES DE LA MAISON EMILE MONS

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En 1976 et 1977, M. Emile Mons a fait exécuter divers travaux dansla maison qu'il possède à l'angle de la rue Victor Hugo et du boulevard Gambetta.

 Lors de l'ouverture d'une tranchée dans la cour, il remarque une grande quantité de tessons de céramique. Sensible à tout ce qui touche à l’archéologie M. Emile Mons relève méthodiquement les différentes couches  aArchéologiques visibles, en complétant au besoin par de menus travaux de fouilles pour permettre de mieux décrire certaines zones.

Il recueille et conserve le mobilier archéologique (plusieurs milliers de tessons de céramique un peu de verre, métaux divers et monnaies).     

 

Trois zones ont ainsi été relevées dans cette cour (voir plan schématique.)

                             

a) A l'extrémité Sud-ouest, entre le bâtiment existant et une maçonnerie retrouvée sous le sol de la cour de nombreux ossements étaient mêlés à la terre. Cette zone n'offre pas d'intérêt pour notre étude.

 

b) Nous nous attarderons davantage sur la zone centrale, comprise entre deux vestiges de maçonneries.

Au dessous de trois dallages superposés se trouvent deux couches distinctes. La première, constituée de marne et de glaise recouvre un lit de charbons de bois et de cendres. La seconde comprend quelques morceaux de charbon de bois éparpillés dans la terre. Ces deux couches contiennent de nombreux tessons de céramique, des fragments de briques brillées et déformées ainsi que les débris d'un ouvrage en terre cuite aux formes curieuses quifont penser à des fragments de sole de four. Enfin, un second lit de cendre et de charbon de bois, au bas de la stratigraphie, recouvre le sol naturel.

 

c) Dans la partie sud-est de la cour la stratigraphie est différente.


Sous un dallage de briques rouges épaisses se trouve une couche mêlant charbons de bois et ossements à une terre noire. Au dessous, une épaisse couche de terre comporte des tessons de tuiles et de poteries. Elle semble avoir été anciennement bouleversée. Un lit de charbon de bois recouvre une couche de cendres blanches et le sol naturel.

    Au plus profond de cette fouille, à la côte - 120 (par rapport au niveau de la cour avant travaux) a été trouvé un demi Guinard de Charles VI de Valois (1388).

Ces trois zones distinctes correspondent chacune à un milieu particulier mais dont nous ne connaissons pas la destination.

L'intérêt de cette fouille est la découverte d'un ensemble de tessons appartenant aux niveaux archéologiques les plus anciens de la bastide, c'est à dire dans les couches portant directement sur le sol naturel. La monnaie de Charles VI confirme cette idée.

La présence du lit de cendre recouvrant le sol naturel semble pouvoir être rattaché à la fondation de la bastide. En effet, d'après les textes il semble que le lieu de la nouvelle ville ait été vierge de toute construction, cette création s'étant faite au cœur de la forêt de Vauré.

On peut donc émettre l'hypothèse que la couche générale de cendres est une trace du déboisement en vue de l’implantation de la cité.

 

Comme l'a fait remarquer avec juste raison M Yves Blaquière dans sa note sur les potiers de Revel du XVIII° et XIX° s. (1) les couches archéologiques inférieures semblent être un dépotoir.

Il n'est pas possible 'affirmer que celui-ci provient d'un four de potier, mais l'idée n'est pas  erronée pour deux raisons.

 D'une part, au XIV° s , le bois nécessaire à la cuisson des poteries était abondant dans les environs immédiats (défrichement de la forêt). D'autre part, la cour de M. Mons est située à l'intérieur de l'enceinte médiévale de la ville, en bordure du fossé, donc à proximité de l'eau.

 

La série de tessons que nous allons étudier appartient donc à un milieu que nous pouvons dater d'une manière large de la deuxième moitié du XIV° s, et d'une manière plus restrictive entre 1342 et 1388.

 

 

NOTE :

 

1.    Y. BLAQUIERE, Notes sur les potiers de Sorèzois et du Revélois, dans Recherches dans le Sorèzois et le Revélois, Bulletin n° 12, 1974-1978  de la Société de Recherches Spéléo-Archéologiques du Sorèzois et du Revèlois, p. 25 â 35.

  

 ETUDE NUMISMATIQUE

 

LOUIS IX  Denier tournois

D/ +LVDOVICVS.REX  Croix dans le champ

R/ +TVRONVS.CIVIS Châtel

Lafaurie : n°201

Poids : 0,67 g. (ébréchée)

Axes : 2 h.

 

CHARLES VI  Demi-guénar  1389 – 1405

D/ +KAROLVS.FANCORV(REX)  Ecu aux trois fleurs de lis

R/ +SIT.NOME.DNI.BENEDICTV  Point 9ème et 10ème Croix cantonnée d’une fleur de lis et d’une couronnelle

Lafaurie : 832 B ; 2ème émission

Poids : 1,32 g.

Axes : 3 h.

 

FRANCOIS 1er ( ?)   Double tournois

Lecture difficile

D/ 3 fleurs de lis dans un trilobe

R/ Croix dans un quadrilobe

Lafaurie : 724 ( ?)

Poids : 0,86 g.

Axes : 3h.

 

LOUIS XIII   Double tournoi

D/ (…R.DE.FRAN…) Son buste lauré à droite

R/ (…TOUR…OIS. 1621)  Trois fleurs de lis

Ciani : 1720

Poids : 2,24 g.

Axes :  6h.

 

LOUIS XIII   Double tournoi

D/ LOVS.XIII.R.D.FRAN.ET.NAV.  Buste lauré avec fraises à droite

R/ +DOUBLE.TOURNOIS.1634    Trois fleurs de lis

Ciani : 1721

Poids : 2,26 g.

Axes : 6h.

 

DOMBES GASTON

D/ GASTON.VFP.D  Son buste à droite

R/ DENIER.TOURNOIS.1652  Sous un lambel 2 lis et un grand A

Poey d’ Avant : n°5214

Poids : 1,30 g.

 

LOUIS XIV   Liard

D/ (LOUIS.XIIII.ROY.DE.FR.ET.DE.NAV.)  Buste couronné à droite

R/ (LIARD.DE.FRANCE)  Trois lis sous la lettre d’atelier

Ciani : n°2015

Poids : 3,20 g.

Axes : 6h.

 

Monnaie mal formée    Double tournois

D/ non lisible

R/ (.6.9+DOV…)   Trois fleurs de lis …

Référence ?

RETOUR CERAMIQUE MEDIEVALES